Cette nuit-là, j'ai dansé avec le diable



08-01-2010, huile, 24 x 30
Tous droits réservés, Johanne Siminaro


11 octobre 2009
« Il m’a dit que j’étais rendue laide » Que je ne serais jamais capable de vivre en couple, qu’il n’était pas heureux. Il venait de m’enfoncer le couteau bien profond au cœur. Il y avait déjà plusieurs mois qu’il m’avait poignardé, il ne faisait que tourner un peu le couteau pour me faire souffrir à petite dose. Sans trop que cela ne paraisse qu’il tenait l’arme dans ses mains. Il ne fallait surtout pas que les gens de notre entourage s’en rendent compte. Encore moins sa famille, là où il était un si bon gars. Devant eux, tout allait bien, son arme restait en place sans bouger, mais prête à s’enfoncer un peu plus dès que nous serions seuls. Ce jour-là, son arme venait de me faire éclater le cœur. Les larmes inondaient mes yeux et mes joues. L’air ne se rendait plus à mes poumons. De peine et de misère, je me levai et me dirigeai à ma voiture. Il m’a retenu, pris dans ses bras pour me consoler, j’imagine. Je me suis retirée, je l’ai embrassé sur les joues et je me suis EXCUSÉE. Excusé de lui avoir fait de la peine. M’excuser de ne pas le rendre heureux. Je venais encore une fois de lui donner le pouvoir. Je le quittai pour de bon. »

Quelques mois suite à cette rupture, j’ai vécu la nuit la plus horrible de ma vie. Cette peinture m’a sauvé la vie. Ce fut le seul moyen que je connaissais pour alléger toute la douleur qui m’habitait. Tout tournait autour de moi, ma tête voulait éclater, mes pensées ne cessaient de se bousculer, mon esprit était assombri. La haine est très proche de l’amour, me direz-vous, aujourd’hui je peux vous l’affirmer. Aimer à vouloir mourir, à ne plus sentir le sang qui coule dans nos veines. J’ai été plusieurs mois à lui en vouloir, à ne pas lui pardonner ses paroles blessantes, à ne pas lui pardonner d’avoir lui aussi des blessures et des mémoires et de me les projeter. À NE PAS ME PARDONNER DE LUI AVOIR LAISSÉ TOUT CE POUVOIR SUR MOI.

La nuit du 8 janvier 2010, j’ai dansé avec le diable et par chance un ange est passé et m’a guidé vers une première sortie. Il était 3 heures du matin, je me suis dirigée vers la pièce qui me servait d'atelier. Et j'ai laissé mon inconscient et ma douleur choisir les couleurs. J’ai travaillé sur la toile avec ferveur, colère et une peine incommensurable. Un sprint de 10 minutes en utilisant une spatule dans chaque main. OUFFF! Tout un exploit. De la créativité extrême. Je suis sortie de l’atelier, mangé un bol de céréale et allée me coucher comme si rien n’était arrivé. Une grande paix m’habitait. Je n’étais pas complètement guéri, mais sauvé du suicide. Trois ans après cet épisode, je peux enfin en retirer les bénéfices. Ce fut l’expérience la plus souffrante, mais aussi la plus grandissante.

Que ce soit la peinture, le dessin ou la sculpture, l’art est pour moi une façon d’exprimer mes émotions. Ma créativité est sensorielle, elle ne s’exprime que par mes émotions ou l'image de mon inconscient.  Mes émergences me sont bénéfiques. Elles m’aident à me guérir, me comprendre et comprendre les autres.


Voilà une bien belle façon de grandir, n'est-ce pas?






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